Anna de Noailles - vers extraits de Paroles à la lune, paru dans le recueil Le Cœur innombrable (1901)
Est-ce votre vouloir que ceux qui tout le jour Furent doux et tranquilles, Succombent dans le soir au péché de l’amour Par les champs et les villes ? Les baisers montent-ils vers vous comme de l’eau Qui se volatilise, Pour faire, à votre front vaniteux, ce halo Dont sa pâleur s’irise ? Est-ce pour vous séduire ou vous désennuyer, Quand vous faites la moue, Que les hommes s’en vont se pendre ou se noyer, La lune aux belles joues ? Brillez-vous pour ceux qui marchent sans souliers, Sans joie et sans pécune, Aient, sur les durs chemins, des rayons à leurs pieds Pendant vos clairs de lune ? Anna de Noailles, vers extraits de Paroles à la lune, paru dans le recueil Le Cœur innombrable (1901)