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Théophile Gautier, Baiser rose, Baiser Bleu, Poème paru dans Un douzain de sonnets (1869

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A table, l’autre jour, un réseau de guipure, Comme un filet d’argent sur un marbre jeté, De votre sein voilant à demi la beauté, Montrait, sous sa blancheur, une blancheur pure. Vous trôniez parmi nous, radieuse figure, Et le baiser du soir, d’un faible azur teinté, Comme au contour d’un fruit la fleur du velouté, Glissait sur votre épaule en mince découpure.   Mais la lampe allumée et se mêlant au jeu, Posait un baiser rose auprès du baiser bleu : Tel brille au clair de lune un feu dans de l’albâtre.   A ce charmant tableau, je me disais, rêveur, Jaloux du reflet rose et du reflet bleuâtre : « O trop heureux reflets, s’ils savaient leur bonheur ! »   Théophile Gautier, Baiser rose, Baiser Bleu, Poème paru dans Un douzain de sonnets (1869

Théophile Gautier - Poésies

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Comme, pour son bonsoir, d'une plus riche teinte, Le jour qui fuit revêt la cathédrale sainte, Ébauchée à grands traits à l'horizon de feu ; Et les jumelles tours, ces cantiques de pierre, Semblent les deux grands bras que la ville en prière, Avant de s'endormir, élève vers son Dieu.

Théophile Gautier - Carnaval, poème paru dans Emaux et Camées en 1852

Venise pour le bal s’habille. De paillettes tout étoilé, Scintille, fourmille et babille Le carnaval bariolé. Arlequin, nègre par son masque, Serpent par ses mille couleurs, Rosse d’une note fantasque Cassandre son souffre-douleurs. Battant de l’aile avec sa manche Comme un pingouin sur un écueil, Le blanc Pierrot, par une blanche, Passe la tête et cligne l’œil. Le Docteur bolonais rabâche Avec la basse aux sons traînés ; Polichinelle, qui se fâche, Se trouve une croche pour nez. Heurtant Trivelin, qui se mouche Avec un trille extravagant, A Colombine Scaramouche Rend son éventail ou son gant. Sur une cadence se glisse Un domino ne laissant voir Qu’un malin regard en coulisse Aux paupières de satin noir. Ah ! fine barbe de dentelle, Que fait voler un souffle pur, Cet arpège m’a dit : C’est elle ! Malgré tes réseaux, j’en suis sûr. Et j’ai reconnu, rose et fraîche,...