Pierre Gamarra - Le maître d'école

Résumé
Premier du canton ! Aujourd'hui, Simon n'a peur de rien, pas même de l'orage qui gronde sur son village.
Il vient de recevoir les félicitations de M. l'Inspecteur pour avoir brillamment obtenu son certificat d'études et fait la fierté de son père, un modeste paysan.
En
ce jour inoubliable, Simon a trouvé sa voie : il sera maître d'école.
L'auteur :
D'abord enseignant, puis journaliste et directeur de la revue
littéraire Europe, Pierre Gamarra est aussi poète, dramaturge et
romancier.
Son œuvre abondant, foncièrement humaniste, a été couronné de prix (prix de la Société des gens de lettres en 1985 pour Le Fleuve palimpseste, PUF) et adaptée pour la télévision, notamment Les Coqs de minuit en 1973.
Mon avis 🌟🌟🌟🌟
Un brin de nostalgie, pour ce roman qui débute après la première guerre mondiale. La salle classe de notre enfance et son odeur bien caractéristique, ses petits pupitres avec ses encriers, le tableau noir, la carte de France épinglée au mur... Les dictées et ses règles de grammaire, les récitations.... Un maître d'école qui prône les livres, la culture....et la paix....
Beaucoup d'émotions et de réflexions dans ce roman.... et des personnages tellement attachants....
"Eh oui ! c'est vrai, ce que vous dites, monsieur l'instituteur, quand on ne sait rien, on est comme un bœuf sous le joug. On le pousse à l'aiguillon. Il ne comprend que ça et il marche..."
Correspondance
Leçon d’éducation civique
Jules Ferry / les instituteurs
Il a paru tout naturel que l’instituteur, en même temps
qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles
élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées
que celles du langage et du calcul. (…) Si parfois vous étiez embarrassé pour
savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre enseignement moral, voici
une règle pratique : au moment de proposer à vos élèves un précepte, une
maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve, à votre connaissance, un seul
honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire.
Paris, le 17 novembre 1883, Lettre aux instituteurs
« Les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, outre le dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s’ils le désirent, à leurs enfants, l’instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires ».
Art. 2 de la loi du 28 mars 1882
Nous sommes en 1883, au lendemain de la promulgation d’une loi fondatrice de la société française : celle du 28 mars 1882, instituant l’école primaire obligatoire et laïque pour les enfants des deux sexes, de 6 à 13 ans. Elle intervient un an après un autre texte essentiel sur la gratuité en primaire. Quelque 500 000 enfants ne sont alors pas scolarisés, nombreux étant occupés aux travaux des champs.
Pour de nouvelles règles au sein de l’école publique
Mais pour l’heure, ce n’est pas tant le caractère imposé de l’instruction qui coince. Le problème est ailleurs. Car, en voulant affirmer la neutralité de l’Etat dans le domaine religieux et séparer la sphère publique de la sphère privée, la loi supprime des programmes les préceptes religieux pour les remplacer par une éducation morale et civique. Ceux-ci ne peuvent être dorénavant enseignés qu’en dehors des heures de classe, et hors des locaux scolaires. Ce qui, évidemment, n’est pas au goût de tous.
L’Eglise renâcle et intimide
Certains curés menacent de ne pas accepter les enfants en première communion s’ils suivent ces leçons d’un nouveau genre. Mais la loi a été votée et le plus célèbre ministre de l’Instruction publique, qui, il faut bien le dire, est un anticlérical convaincu, entend bien la faire respecter dans toute la République. Avant de quitter son ministère, qu’il occupe depuis 1879, pour celui des Affaires étrangères, Jules Ferry adresse cette circulaire à tous les instituteurs. Il y explique leur mission éducative dans cette école laïque.
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